Logo LAAD Architecture en texte noir sur fond blanc.
Architecture, Recherche & Design.
Projets
(01)
Recherches
(02)
A Propos
(03)
Contact
(04)

RE2020 & stratégie de conception

Bas Carbone
ECRIT PAR 
Antoine Calcagno
DATE DE PUBLICATION  
10/2024

La RE2020 s’inscrit dans une chaîne logique qui part des engagements climatiques internationaux. Les Conférences des Parties (COP) structurent le cadre mondial de lutte contre le réchauffement, de Kyoto à Paris/COP21. C'est dans ce cadre qu'on été définis le Plan Climat et la SNBC (Stratégie Nationale Bas-Carbone) : traduction française en objectifs sectoriels et en budgets carbone, avec une cible claire de neutralité carbone à horizon 2050. Dans le bâtiment, cette ambition devient opérationnelle via la RE2020, portée par un décret et des arrêtés, avec une approche volontairement multi-critères : performance énergétique, impact climatique des consommations, impact des composants, et limitation de l’inconfort estival (références : Ministère de la Transition Écologique pour la SNBC, et Légifrance pour le décret RE2020).

Projection des émissions de Gaz à effet de serre selon la SNBC 2

‍

Pendant des décennies, la réglementation a surtout tiré la performance “en exploitation” : consommer moins d’énergie en fonctionnement. La RE2020 intègre le réchauffement futur et fait entrer le carbone comme contrainte de résultat, en plus de l’énergie. C’est un changement concret pour la maîtrise d’œuvre : la conformité n’est plus un sujet “systèmes” traité en fin de projet. La forme, l’enveloppe, la compacité, l’inertie et le niveau de technicité deviennent des décisions structurantes dès l’esquisse.

‍

Cette bascule s’explique par le contexte carbone global. Le bâtiment représente environ 30 % des émissions nationales selon le périmètre retenu (construction + énergie, certains équipements pouvant être comptés ailleurs). On peut définir deux cibles. D’un côté, l’usage / exploitation, historiquement dominant sur la durée (l’exemple mentionné est de l’ordre de 80 % sur 25 ans), ce qui justifie de réduire les besoins et de sortir des énergies fossiles. De l’autre, la construction, plus “frontale” au moment de bâtir, et largement incompressible sans changer la façon de construire (sobriété matière, procédés, réemploi). Lecture professionnelle utile : plus on décarbone l’énergie et plus les bâtiments deviennent performants, plus le “reste à réduire” se déplace vers les matériaux et les équipements. Le carbone “construction” cesse alors d’être un sujet marginal.

Historique et projection des émissions du secteur de bâtiment entre 1990 et2050 - Source SNBC 2020

‍

Concrètement, la RE2020 se pilote comme un triptyque d’indicateurs, chacun portant un message de conception. D’abord l’énergie, avec une philosophie claire : optimiser le bâti avant les systèmes. Le texte réglementaire insiste sur une optimisation de la conception énergétique indépendamment des équipements ; c’est l’esprit du Bbio : orientation, compacité, apports solaires maîtrisés, enveloppe cohérente. Ensuite, le confort d’été : la RE2020 remplace le TIC par les Degrés-Heures (DH) d’inconfort, calculés heure par heure sur l’année, en tenant compte de l’évolution climatique. Dans la pratique, DH rend la surchauffe mesurable et donc arbitrable ; cela pousse vers des réponses passives robustes (protections solaires, inertie, ventilation, maîtrise des vitrages) avant toute fuite en avant technologique. Enfin, le carbone : l’ACV réglementaire et l’IC Construction, qui agrège l’impact carbone des composants et du chantier (kgCO₂e/m²), structurée en modules (A/B/C/D) et encadrée par une trajectoire de seuils qui se durcit dans le temps. Pour les équipes, cela implique deux réalités très concrètes : le carbone “matière” se pilote d’abord par la structure et l’enveloppe, et la conformité devient un sujet de données (FDES/PEP, lots techniques), donc de consultation et de stratégie en PRO/DCE.

Tableau de synthèse des évolutions de la RE2020 - Source CEGIBAT

‍

Les leviers suivent une logique “projet” simple, compréhensible et actionnable. Définissons des ordres de grandeur type “construction vs exploitation” (souvent présentés autour de 60/40 selon programmes, avec de fortes variations) et un point clé : les composants dominent le carbone “construction”, avec un poids important du gros œuvre (superstructure, fondations) et une part non négligeable des lots techniques lorsque l’on “hyper-équipe”. La traduction opérationnelle est directe : on gagne du carbone par sobriété matière (compacité, trames rationnelles, portées maîtrisées, structure optimisée, solutions limitant les volumes de béton/acier), on gagne du confort d’été par une architecture climatique (soleil, inertie, ventilation), et on gagne de l’énergie par un bâti cohérent avant d’ajuster les systèmes (et non l’inverse).

Répartition selon les programmes des émissions de gaz à effet de serre entre Construction/Exploitation -Source Observatoire E+C- IFPEB & CARBONE 4

‍

Vue simplifiée de l'empreinte carbone par poste d'un logement - Source BBCA

‍

En conclusion, LAAD ARCHITECTURE propose une grille de lecture en trois thèmes à intégrer dès l’amont : construire moins (privilégier rénovation/restructuration, limiter l’artificialisation), construire mieux (compacité, matériaux biosourcés, recyclage/réemploi), et mieux exploiter (consommer moins, mieux en intensifiant les usages par exemple, juste, produire via EnR), sans oublier les sujets souvent sous-traités : confort, pérennité, réversibilité et approche systémique. En clair, la RE2020 oblige à traiter simultanément sobriété énergétique, carbone du cycle de vie et résilience estivale. La stratégie la plus robuste consiste à verrouiller très tôt les décisions irréversibles (forme, enveloppe, structure, stratégie d’été), puis à sécuriser les données ACV et les choix produits en PRO/DCE, car la conformité finale dépend autant de la conception que de la “réalité carbone” des composants réellement retenus.

Articles

Une sélection de réflexions et de repères pratiques issus de nos recherches sur la construction durable.

parcourir les articles
#COOT, Simplifiez-vous le calcul carbone
COOT

#COOT, Simplifiez-vous le calcul carbone

Développée par LAAD ARCHITECTURE, l'application COOT transforme l’ACV bâtiment en outil de décision : en 30 minutes, l’application guide la saisie, met en évidence les postes à fort impact et compare des variantes, y compris en réhabilitation. Sa mise en commercialisation est pévue en 2026.

lire article
Comment mesurer les enjeux de la conception bioclimatique
Bioclimatique

Comment mesurer les enjeux de la conception bioclimatique

Lire le climat, dessiner une enveloppe qui filtre et tester tôt les variantes : le bioclimatisme remet l’architecture au centre, pour gagner en confort d’été et en sobriété, en phase avec la RE2020.

lire article
Mesurer l'impact carbone de la rénovation
Bas Carbone

Mesurer l'impact carbone de la rénovation

Dans la RE2020, le carbone des matériaux devient décisif. À travers le projet ILLUMINE de M. VILO BACH (réhabilitation lourde, 7 500 m²), on compare l’ACV d’un scénario réhabilité à un neuf équivalent et on identifie les vrais leviers.

lire article
home
Projets
recherches
a propos
CONTACT
Pinterest
Instagram
linkedin